La Lettre de Léosthène

Analyse Géopolitique

Posts from the “Asie” Category

L’américain Ash Carter en Inde : nous ne cherchons rien d’exclusif…

Posted on 13 avril 2016

« En huit ans à la tête des Etats-Unis, George Bush n’avait pas réussi grand chose en politique étrangère, mais c’est en partie grâce à lui que le rapprochement entre Washington et New Delhi avait pris corps, grâce, notamment, à une volonté affirmée de (faire) reconnaître (en 2006) l’Inde comme un pays pouvant importer des technologies nucléaires civiles malgré sa non signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP » (1). Nous relevions aussi en janvier 2010, avec la visite du vice-président américain Jo Biden (2), que Barak Obama reprenait l’idée de renforcer avec l’Inde, pays de tradition « non alignée » sur aucun bloc politique ou militaire, un « partenariat stratégique » autour « d’intérêts convergents ».

En Asie aussi, un terreau propice au désordre

Posted on 2 décembre 2015

« Les grands sommets routiniers de l’Asie sont confrontés au retour du tragique » constate le sinologue François Danjou en évoquant le climat des sommets de l’APC (Asia Pacific economic cooperation) les 18 et 19 novembre, de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-est) et des pays de l’Asie de l’Est (21 novembre). En effet, « une longue et très violente série d’attentats, toujours perpétrés contre des cibles civiles, vient de secouer la planète », qui ont fait pour les mois d’octobre et de novembre 2015 plus de 1300 morts de par les actions des « différentes mouvances terroristes dont les plus meurtrières sont Boko Haram et l’Etat islamique. Les pays les plus touchés ont été le Nigeria (226 morts), la Russie (224 dans l’explosion…

Turquie : le pouvoir de nuisance

Posted on 28 novembre 2015

Pourquoi diable Recep Tayyip Erdogan a-t-il choisi de faire abattre un bombardier russe le mardi 24 novembre dernier à la frontière turco-syrienne ? Parce qu’il est au désespoir, répond le quotidien britannique The Independant : « La Turquie n’a aucun intérêt à apporter au conflit syrien une solution pacifique que les puissance mondiales sont en train de chercher » écrit Ranj Alaaldin (1), un expert du Moyen-Orient attaché à la London School of Economics. « Sombrant de plus en plus dans le désespoir, elle tente d’attirer de nouveau l’attention sur le régime d’Assad et de compenser ainsi les échecs qu’elle a subis en Syrie et sur la scène géopolitique ». Une explication que Moscou doit partager, puisqu’elle est citée et reprise par le site russe…

Rencontre Obama Nétanyahou : je t’aime, moi non plus

Posted on 11 novembre 2015

Les deux hommes, qui ne se sont pas vus depuis treize mois, se sont entretenus dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, lundi 9 novembre. Certes, « ils ne vont pas tomber amoureux », confiait Zvi Rafiah, un ancien conseiller de l’ambassade israélienne à Washington au Times of Israël, mais M. Netanyahou « comprend tout à fait la portée de cette visite et la valeur des Etats-Unis » (1). Le Premier ministre israélien, qui restera aux Etats-Unis jusqu’au mercredi 11 novembre, et le président américain ont apparemment rangé les gants après l’échange belliqueux qui a marqué l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran sur le nucléaire, accord combattu sans succès par les Israéliens – et par le groupe de pression juif aux USA, l’AIPAC (American Israel Public…

Syrie : La bataille d’Alep pas la guerre de Troie

Posted on 21 octobre 2015

La ville d’Alep, au nord-ouest de la Syrie, non loin de la frontière turque, est sous les projecteurs des médias : appuyées par les Russes, les forces syriennes, aidées au sol par des Iraniens et des combattants du Hezbollah libanais, ont lancé une offensive destinée à reprendre la ville aux différentes factions qui en occupent la partie est. Nœud ferroviaire et routier, deuxième ville de Syrie après Damas avec 1,7 million d’habitants en 2009, la ville et sa province sont essentielles à l’intégrité du pays comme aux communications entre les différentes parties aujourd’hui hors contrôle gouvernemental (voir la carte). Quel aspect de cette bataille intéresse donc la presse ? Le journaliste David Greene (radio américaine NRP) interrogeait le 19 octobre un expert du Washington…

L’US Navy annoncée en Mer de Chine

Posted on 14 octobre 2015

Lors de leur conférence commune à Washington le 25 septembre dernier, le président chinois Xi Jinping et Barack Obama évoquaient, après un vaste tour d’horizon de ce que devait être leur coopération, la situation en Asie : « Nous avons eu une discussion approfondie de la situation en Asie Pacifique », disait Xi Jinping (1). « Et nous pensons que la Chine et les Etats-Unis ont d’importants intérêts communs dans la région, que nous devrions continuer d’approfondir dialogue et coopération en matière d’affaires régionales, de travailler ensemble à promouvoir activement une coopération réciproque et ouverte en Asie Pacifique, enfin de travailler avec les pays de la région à promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité ». Parfait, peut-on se dire, mais qu’en est-il des…

Etat islamique : des lignes rouges en Asie centrale

Posted on 7 octobre 2015

« L’organisation Etat islamique (EI) accroît son influence en Afghanistan aux dépens des Taliban, gagnant un nombre croissant de sympathisants et recrutant d’ores et déjà dans 25 des 34 provinces afghanes », selon un rapport de l’ONU publié le 25 septembre dernier (1). « Les forces de sécurité afghanes ont dit aux experts de l’ONU qu’environ 10% des insurgés Taliban sont des sympathisants de l’EI ». Parmi les figures dominantes, on trouve un ancien Taliban, conseiller du Mollah Omar (Abdul Rauf Khadem), parti en Irak en octobre 2014 et qui a depuis « formé son propre groupe dans les provinces d’Helman et de Farah ». Egalement présents, « 70 combattants venus d’Irak et de Syrie forment aujourd’hui le cœur de la branche djihadiste en Afghanistan ». Se sont joints à ces combattants des…

Syrie : quel est l’objectif ultime de François Hollande ?

Posted on 9 septembre 2015

« Il fut un temps où la France se démarquait suffisamment de la position des Etats-Unis pour jouer, le jour venu, un rôle d’intermédiaire » écrivait, le 18 août dernier, Roland Hureaux pour le Figaro (1), rappelant que même sous François Mitterrand, « la France suivait les Etats-Unis mais en gardant un profil assez bas pour sauver la mise ». Comment comprendre la position du chef de l’Etat en surenchère sur les Etats-Unis, aussi bien sur l’Iran que sur la Syrie alors que, souligne encore l’essayiste, « la France (…) avait de solides positons en Syrie, son ancien mandat, où l’on n’a pas oublié que Jacques Chirac fut le seul chef d’Etat occidental à assister aux obsèques d’Assad père ? ».

Iran : un accord à inconnues multiples

Posted on 22 juillet 2015

Après douze années de tensions et des mois de négociations ardues avec le groupe dit P+5 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie plus l’Allemagne), l’Iran a conclu le 14 juillet dernier un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Un accord approuvé à l’unanimité (résolution 2231) le 20 juillet par les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. « Cet accord, dont les grandes lignes avaient été fixées dans un premier texte le 2 avril, encadrera le programme nucléaire de Téhéran pendant au moins dix ans en échange de la suspension progressive des sanctions économiques qui pèsent sur l’économie du pays et notamment sur ses exportations pétrolières » (1).

Historique : la banque multilatérale chinoise est née

Posted on 1 juillet 2015

Lundi 29 juin 2015, annonce le Wall Street Journal, « l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) a été lancée avec les représentants de 57 pays rassemblés à Pékin » (1). L’opération, que nous évoquions ici en avril dernier (2), a été réussie en moins de deux ans. Selon le ministre des Finances chinois, Lou Jiwei, qui se réjouit du lancement d’une banque dont la Chine possède plus d’un quart des actions et 26% des droits de vote, l’institution serait en mesure de fonctionner « vers la fin de l’année. Sur les 57 pays présents, 50 ont signé l’accord lundi, sept autres se réservant de signer plus tard dans l’année ». Avec un capital initial de 100 milliards de dollars (29,5 milliards pour Pékin), la banque a…